Accueil

Qui sommes nous ?

Fondée par des patients, l’association a pour but de créer un réseau regroupant des personnes atteintes de maladies reconnues comme susceptibles de réagir favorablement à la prise de cannabis et en en faisant usage


Articles récents

Plus d’articles, d’études, d’informations,

Vous êtes atteint d’une maladie et le cannabis vous apporte une solution thérapeutique , votre témoignage peut être utile pour le corps médical et contribuer à faire évoluer les mentalités concernant le cannabis médical.

Témoignage de Sarah

Témoignage de Sarah du collectif Principes Actifs.

Évoquer le cannabis, pour moi aujourd’hui, passe forcément par la maladie puisqu’il joue un rôle non négligeable !
La sclérose en Plaques c’est ce qu’on m’a annoncé à 36 ans.
Une maladie dont on se sait pas d’où elle vient et qu’on ne guérit pas encore.
La maladie est synonyme de souffrance morale avec perte de confiance en soi et aussi souffrance physique : fatigue chronique, insomnie, dépression toujours latente, active parfois … Et les douleurs !
Sur les douleurs physiques j’ai accepté de l’aide, pas pu faire autrement.
La douleur, elle est lancinante, rythmée, c’est un gouffre, c’est noir, ça torture, je me sens  seule et lors de crises aiguës, les angoisses sont plus fortes.
Un jour, les Urgences et les médicaments usuels… Retour maison, j’augmente les prises, ça me met hors réalité ; ce n’est pas une vie d’être amorphe, ni pour soi ni pour ceux qui vous entourent.

Il y a quelques mois j’ai appris l’existence du Sativex. Je connais le cannabis, j’ai testé en soirée, j’ai même été vers lui au début de la maladie, instinctivement… Mais la morale, la peur, m’ont empêchée de continuer.
Je m’aperçois vite que le Sativex n’est pas autorisé en France. Alors qu’en Espagne, en Allemagne, en Grande-Bretagne , en Suisse , au Canada aussi il est autorisé … Merde j’ai une sclérose, mais je vis en France. Ce n’est donc pas pour moi.
La bataille encore …
J’en parle à mon médecin et mon étiopathe, tous deux disent que oui le cannabis agit sur les douleurs, à moi de voir entre le Rivotril ou le cannabis.
Deux médecins qui me disent cela : je veux tenter.
Des amis belges me trouvent de quoi essayer avec un objectif thérapeutique.
J’essaye en étant très claire dans ma tête ; je le prends pour me faire du bien en tant que sclérosée, pour faire taire mes douleurs… Cela détend vite et cette détente influe directement sur la douleur. Et quel bonheur immédiat, moralement aussi !
Oui ça me fait du bien, ça me soulage.  La douleur ne disparaît pas mais elle passe de 7 à 1 sur une échelle de 10, la vie devient plus facile.
Après plusieurs semaines, Je me suis sentie plus vivante, aimante et aimable aussi.
Mais je n’avais plus de Cannabis. J’en parle autour de moi et je rentre en contact avec une personne qui se soigne par le cannabis, qui se bat pour que le cannabis thérapeutique soit reconnu en France, et qui fait partie d’un collectif de malades soulageant leur douleur avec du Cannabis.
Ce jeune collectif « Principes actifs » me confirme que le Sativex en France est interdit et m’informe qu’il serait bien de demander un courrier à mon médecin attestant que le Cannabis me fait du bien, que cela pouvait être utile en cas d’ ennuis avec les autorités.
J’ai raconté, puis échangé avec mon médecin, qui m’a fait cette attestation très simplement comme une évidence.
Quand je n’ai plus eu de ce cannabis, j’ai dû me résoudre à en chercher. Direction Amsterdam avec le stress : c’est illégal.
Le cannabis me soulage mais j’attends autour de moi une compréhension, une prise de conscience. Le cannabis réveille des « à priori » tellement ancrés ! Je vois bien que je dérange un peu, que certains doutent malgré mes informations officielles sur l’existence d’un médicament reconnu par des pays voisins européens.

Le refus de mise  sur le marché français de ce médicament pour les personnes atteintes comme moi de sclérose en plaque, de cancers ou d’autres maladies est de la non assistance à personne en danger.

En quoi est-ce dérangeant que les malades soulagent leur douleur en ayant une qualité de vie améliorée?

Je terminerai par les propos de mon père atteint d’un cancer de la moelle épinière, qui a été sous morphine pour la douleur et qui à la question que je lui posais, a répondu :
« Papa la morphine est un médicament à base d’opium, ça a été un médicament à une autre époque puis il a été interdit et considéré comme une drogue dangereuse, puis à nouveau  autorisé. Qu’aurais-tu fais si tu n’avais pas eu accès à cette médication parce que c’était interdit ? »
Il m’a répondu : « Si cela avait été interdit, j’aurais tout fait pour m’en procurer tant la douleur était insupportable. »
Je me suis sentie comprise sans avoir à lui parler du cannabis thérapeutique !

Voir l’attestation médicale

Témoignage Max

Né fin 1975, j’ai vu pendant mon enfance ma mère souffrir très souvent de maux de crâne sans que mon père, médecin généraliste, ne parvienne à grand chose pour l’aider. Elle avait hérité du statut de migraineuse chronique de sa propre mère.

Mes premières douleurs sont apparues entre 15 et 17 ans de manière irrégulière. Puis entre 20 et 25 ans, mes migraines sont devenues plus fréquentes, avec des céphalées sporadiques de faible à moyenne intensité un peu tout le temps et un ou deux épisodes migraineux intenses par an. Les douleurs sont en général très pulsatiles, localisées côté gauche du crâne, plus rarement à droite. Elles trouvent leur origine au niveau de la bosse frontale et irradient un peu partout dans la moitié du crâne concernée, principalement vers l’arcade sourcilière et le plafond de l’orbite, occasionnant une sensation d’écrasement de l’œil qui pleure de manière unilatérale, mais aussi vers l’oreille, l’os pariétal, le nez, les dents… Ces périodes de fortes douleurs s’étalent sur un mois avec une intensité et une durée des douleurs progressives les 2 premières semaines pour atteindre leur paroxysme ensuite : de 2 à 6 voire 8 heures de douleurs intenses chaque nuit pendant au moins une semaine. Puis cela revient progressivement à la normale pendant les 8 à 15 jours suivants.

C’est vers 21 ou 22 ans, alors que je m’intéressais de plus près aux effets du cannabis que j’ai commencé à remarquer que son usage m’aidait face à mes douleurs devenues chroniques : disparition de la majorité des céphalées de faible intensité, effet antalgique total ou partiel en début de période de crise, soutien antalgique et psychologique pendant les nuits intégrales de fortes douleurs, là où toute la gamme d’antalgiques pharmaceutiques reste impuissante.

Après quelques crises particulièrement éprouvantes, j’ai décidé de ritualiser ma consommation de manière quotidienne, essentiellement le soir et en favorisant le plus possible l’herbe de bonne qualité. Je fume 3 à 4 (gros) joints chaque soir et parfois un petit un peu plus tôt dans la journée. À part en finir définitivement avec mes fréquentes insomnies, j’espérais ainsi maintenir un apport phyto-cannabinoïdien régulier qui me permettrait d’éviter ou au moins de faire reculer les périodes de crises. Effectivement, celles-ci passent au nombre d’une seule par an.

En 2010, je vis ma première année sans migraine ! Ce qui se renouvellera… Plus tard, pour ne plus avoir à fréquenter le marché noir et me garantir une herbe de qualité médicinale, j’ai pris l’habitude de cultiver mon herbe moi-même, dans une petite salle d’eau de mon appartement transformée en placard assez modeste mais suffisant si on s’y prend bien pour assurer une quasi autosuffisance. 3 ou 4 variétés différentes m’assurant un large spectre cannabinoïdien. J’ai vécu pour la première fois 2 années entières sans grosse crise, puis ai replongé cet été 2018 avec des douleurs sévères, mais moindres que ce que je connaissais il y a encore 5 ans.

Malheureusement, la police s’est invitée chez moi au printemps 2019, accompagnée de leur gentil toutou. J’en ai pris pour 45 heures de GAV, ressorti du dépôt convoc en main, mais sans mes médocs maison. Les migraines ont mis une semaine à revenir…

Voir l’attestation médicale